Hommage à Michel d’Ornano

Intervention de Jean-Léonce DUPONT

Samedi 5 mars 2011 Hommage à Michel d’Ornano

 «  Un normand d’adoption au service de la Normandie »

 Mesdames,

Messieurs,

 Rien ne prédisposait, a priori, Michel d’Ornano à la gestion des affaires normandes. Corse par son père, polonais par sa mère, parisien de naissance, c’est en tant qu’estivant qu’il a commencé à fréquenter la Normandie.

Mais, l’année 1962, date de sa brillante élection à la mairie de Deauville, marque le début d’une histoire d’amour de près de 30 ans entre Michel d’Ornano et la Normandie.

 Dès les premières années de son mandat, appliquant les méthodes du jeune et talentueux chef d’entreprise qu’il était alors, il prend en main les services municipaux et mène à bien de multiples dossiers : construction de logements sociaux, achat d’un foyer pour personnes âgées, création des quartiers de la Touques et du Coteau, édification d’un nouveau lycée, restauration de l’église St Laurent, etc…. Il demeurera le premier magistrat de la station balnéaire jusqu’en 1977, année où Anne, son épouse, également passionnée de politique, prend le relais pour être régulièrement réélue.

 Les deauvillais attribuent à Michel d’Ornano puis à sa femme une longue liste de réalisations : les trains permettant aux parisiens de venir passer leurs WE dans la station, la multiplication des congrès et des séminaires à partir de 1970 pour attirer une clientèle précieuse et régulière, la construction de nombreuses résidences et en 1972 des marinas de Port Deauville, la création en 1975 du festival du film américain, et celle du centre de thalasso-esthétique…

 Bon nombre estime qu’avant Michel d’Ornano, la station se vidait pour dix-onze mois chaque année le soir du Grand prix, marquant la fin de la saison des courses. Grâce à sa gestion pragmatique et rigoureuse, Deauville est devenue une ville touristique permanente, en pleine expansion. 

 Diriger Deauville ne fut qu’une première étape dans sa conquête normande. Il faut bien le reconnaitre, Michel d’Ornano a adopté la Normandie (sauf la réponse dite de normand car dans les discussions, c’était « oui » ou « non », mais rarement « peut-etre » ou « je ne sais pas ».), mais les Normands l’ont également adopté.

Sa longévité politique en témoigne : Elu député du calvados en 1967, conseiller général du canton de Trouville en 1976, Président du Conseil général en 1979 et constamment réélu à ces divers mandats et enfin Président du conseil régional de basse Normandie en 1974 avant d’être nommé ministre puis en 1983 avant de céder la place pour respecter les règles de non cumul de mandat.

 Tout au long de son parcours, Michel d’Ornano n’a cessé de travailler au développement de sa ville, puis prenant d’autres responsabilités de son canton, de « son » département du Calvados et de sa région, même lorsqu’il occupera les fonctions de ministre entre 1974 et 1981.

 Il a très nettement marqué de son empreinte le calvados et la Basse Normandie au point que certains  l’avaient surnommée la « d’Ornanie ».

Je ne vais pas entreprendre ici une énumération à la Prévert de toutes les réalisations auxquelles il a œuvrées. Ce serait beaucoup trop long et fastidieux ….

Relevons toutefois que quatre secteurs ont particulièrement bénéficié de son tempérament offensif :

–        l’agriculture 

–        la recherche 

–        les voies de communication et les transports

–        les grands projets portuaires 

 L’agriculture tout d’abord, que Michel d’Ornano, alors président de la région, défendra bec et ongles, la plaçant au devant des priorités du 1er plan régional.

Après l’instauration des quotas laitiers, il mettra en place un plan de restructuration laitière avec les représentants de la profession ainsi que plusieurs programmes d’aides à l’agriculture par le Conseil Général, visant au développement des productions et à la modernisation des exploitations par l’investissement. Il veillera également à aider l’installation des jeunes et soutenir les agriculteurs en difficulté.

Mais il était persuadé en même temps de l’impérative nécessité qu’il y avait, face aux enjeux d’avenir, à trouver de nouvelles orientations pour la Basse-Normandie vers la haute technologie.

 Ainsi, parmi les dossiers initiés par Michel d’Ornano, on ne peut pas ne pas évoquer le virage historique qu’il fit prendre à la Basse-Normandie en 1975, alors que ministre de l’industrie, il pèsera de tout son poids pour imposer le GANIL, Grand accélérateurs national d’ions lourds à Caen, première pierre d’une mutation radicale de la ruralité vers une région de recherche et aux industries de pointe.

Virage qui se présentera comme une bouée de sauvetage bas-normand lorsque surviendront les graves difficultés agricoles liées aux surproductions et à la mise en place de quotas.

 Le GANIL est une des deux principales installations en Europe produisant des faisceaux d’isotopes rares et figure parmi les 5 premiers laboratoires mondiaux dans la course aux faisceaux de noyaux exotiques.

 Autour du GANIL, qui a permis la création de près de 250 emplois, notamment des  chercheurs ou ingénieurs et 350 emplois indirects dans les laboratoires satellites, s’est progressivement constitué un pôle scientifique pluridisciplinaire. Désormais, plus de 700 chercheurs venant de laboratoires du monde entier y séjournent chaque année.

 En matière de communications et de transports, Michel d’Ornano a été un visionnaire et lorsqu’en 1987, un journaliste lui demanda quels étaient les choix importants qui s’étaient révélés justes ; il lui répondit : « j’ai eu raison de donner tout de suite la priorité aux communications (autoroute, turbotrain, téléphone) » …rappelant que dans les années 60, c’était encore le téléphone manuel et qu’en plein mois d’aout, il fallait patienter entre 3 et 5 heures pour avoir Paris.

Il se montrera infatigable sur tous les dossiers de communications routières et ferroviaires, seul capable de « brancher » la basse-Normandie sur les grands réseaux européens : Grand défenseur de l’autoroute de Normandie comme plus tard de la RN13, puis des axes Calais-Bayonne et des Estuaires, il eut également une action déterminante dans la desserte de la Normandie par turbotrains, technique de pointe au début de années 70 alors que ceux-ci étaient promis à une autre région. La Normandie fut la première région desservie par cette technique qui, à l’époque, remplaçait les machines à vapeur.

 Il sera par la suite initiateur et le premier négociateur de l’électrification de la ligne Paris-Cherbourg

Evoquée pour la première fois par le Président d’ORNANO lors de la réunion du conseil général du 8 février 1988, le projet prévoyait la reprise des courbes du tracé et de l’armement de la voie pour permettre le relèvement général des vitesses limites des trains à 160 km/h au lieu de 140 km/h avec trois zones à 200 km/h. Il nécessitait la suppression de 76 passages à niveau dans le Calvados, le rétablissement des communications et la construction d’ouvrages d’art.

 Ces très lourds travaux inaugurés en 1997 vont rendre possible aujourd’hui la circulation de rames TGV.

Défenseur acharné de la décentralisation, au point de rendre hommage à Gaston Deferre et à ses lois de décentralisation, il sut montrer dans son action locale, qu’elles ouvraient aux élus une grande possibilité d’action. C’est ainsi, qu’il ne cessera de soutenir à bout de bras les grands projets portuaires et maritimes de Caen (car-ferry), Dives (Port-Guillaume) ou Honfleur.

 Le projet de création d’un poste de réception pour navires transbordeurs pour le trafic Transmanche à Ouistreham a été évoqué pour la première fois devant le conseil général en 1980. L’intervention du département sera déterminante dans ce projet tant au plan financier que par le développement des infrastructures routières nécessaires à la desserte de la ville de Ouistreham.

Le voyage inaugural sur le « Duc de Normandie » aura lieu en juin 1986 mais surtout le succès de la ligne n’a fait que croître depuis avec des retombées économiques importantes pour la ville et la région.

 Pour Port-Guillaume à Dives-sur-Mer, l’influence et à la ténacité du président d’ORNANO a également permis au projet de voir le jour, tant les négociations furent difficiles avec les différents partenaires.

Après la fermeture de l’usine Tréfimétaux de Dives-sur-mer, il fallait donner à la ville une nouvelle activité dans le cadre d’un espace de 25 ha environ. Après réflexions, il est apparu que le site présentait des atouts touristiques considérables.

 Port-Guillaume est né de l’aménagement de la friche laissée par la fermeture de l’usine Tréfimétaux de Dives-sur-mer.

 Pour en finir avec les plus grands chantiers d’infrastructures soutenus par Michel d’Ornano en basse Normandie, je me dois d’évoquer la réalisation du Pont de Normandie, appelé au départ pont de Honfleur, dont la construction a débuté en 1988.

Dès l’origine Michel d’ORNANO et le Conseil Général du Calvados ont soutenu cet important projet dont ils ont perçu l’impact qu’il aurait sur le développement de l’ensemble de la région.

Afin que les retombées économiques de l’ouvrage soit maximum, M. d’ORNANO obtiendra que le pont de Honfleur soit relié au nord à l’A 29 – Amiens-Le Havre – et au sud à l’A 13, assurant ainsi la continuité de la « route des estuaires » par Le Havre, Caen et Rennes en direction de la frontière espagnole.

 Pour permettre la réalisation de tous ces projets, Michel d’Ornano s’est efforcé constamment dans tous les budgets qu’il aura présentés tant au conseil général que régional de laisser la plus grande part aux investissements. Ce faisant, il avait conscience à la fois de doter sa région des infrastructures nécessaires pour l’avenir tout en donnant dans l’immédiat du travail aux entreprises régionales, préservant ainsi, autant que possible, les emplois.

 « L’investissement, c’est du travail pour les entreprises régionales donc des emplois », « n’oublions jamais que l’emprunt d’aujourd’hui, ce sont des impôts pour demain. » « en matière d’aide sociale, nous devons éviter les abus afin d’aider mieux ceux qui en ont vraiment besoin » : quelques phrases répétées au cours des débats. Il ne manquera jamais de rappeler l’importance de l’entreprise qui seule crée des emplois.

 Pour autant n’en surveillera-t-il pas moins étroitement l’évolution des budgets régionaux ou départementaux placés sous sa responsabilité. Je ne peux ici le citer sans saluer sa clairvoyance tant ses propos me semblent d’actualité :

Lors des débats à l’Assemblée nationale, en juin 1983, sur un texte relatif à la répartition de compétences entre les communes, les départements, les régions et l’Etat, Michel d’Ornano répond au ministre de l’intérieur en ces termes :

« Vous nous avez dit, monsieur le ministre que vous aviez consacré beaucoup d’argent à cette réforme, il y a là un mystère, on ne sait pas où il est.

Si je regarde l’évolution de la dotation globale d’équipement dans mon département, je constate que tout ….est en très forte diminution.

Peut-être avez-vous effectivement dépensé beaucoup d’argent mais alors, il y a quelqu’un chez vous qui  a dû le mettre dans une petite poche, car celui-ci n’arrive pas dans les départements.

Dans mon département et dans ma région, il y a moins d’argent qu’avant. La décentralisation donne des pouvoirs et des compétences, c’est vrai, mais des sous, il y en a moins qu’avant. »…et de souligner un peu tard dans le débat  « Le développement des dépenses d’aide sociale s’est accéléré….leur importance devient insupportable pour les budgets des départements…Si vous maintenez votre position, qui consiste à rembourser ces dépenses en 12 ans, à partir du 1er janvier 1984, certains départements se trouveront dans 13 ans en cessation de paiements. »

 Quelques années de plus, mais nous y sommes…

 Pour le Calvados et la Basse Normandie, Michel d’Ornano fut un bâtisseur et un homme de projets, qui estimait qu’il ne faut jamais promettre, ce qu’on est incapable de donner. C’est bien grâce à ses qualités humaines, ses compétences et une hauteur de vue hors du commun qu’il a pu avoir ce parcours exceptionnel.

« Entre l’ambition d’être et celle de paraître, j’ai choisi l’ambition d’être » disait-il et encore : « Ma force, c’est de ne jamais rien avoir à demander pour moi. Cette liberté, c’est mon vrai luxe ».

 Ouvert aux dialogues, homme affable mais négociateur coriace, implacable notamment lors des élections, certains le qualifiaient de main de fer dans un gant de velours, voire d’ « ayatollah du giscardisme » ; ce qui lui valut quelques solides inimitiés au sein du RPR.

 En tant qu’ancien collaborateur de Michel d’Ornano, je peux témoigner de sa capacité de travail hors norme, de son exigence mais je retiens surtout un homme de convictions, libre et fidèle.

 Fidélité…dans les multiples hommages, rendus à Michel d’Ornano, le mot revient tel un leitmotiv. Fidélité envers ses amis, à son département, à ses convictions politiques qui s’exprimaient dans le parti des Républicains Indépendants dont il avait été l’un des fondateurs, puis l’UDF et au Parti républicain. Enfin, fidélité à M. Valery Giscard d’Estaing.

 Michel d’Ornano était unanimement reconnu comme un libéral de conviction. Mais un de ces libéraux au sens du 19ème siècle dont l’attachement très ferme à quelques conceptions s’accompagnait d’une tolérance et d’une compréhension toujours attentive aux points de vue des autres.  Ce qu’aujourd’hui, je qualifie de libéralisme humaniste, dans lequel je me reconnais pleinement.

 Le 8 mars 1991, c’est un homme d’Etat, à l’exceptionnel parcours dans la vie publique locale, nationale et internationale qui nous a quittés prématurément, mais avant tout un normand de cœur.

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Pourquoi il faut voter le 20 mars

Ceux qui me connaissent savent que je suis profondément attaché au canton de Bayeux où je suis né où j’habite et où je vis. Ma passion pour ce territoire est toujours aussi forte.

Ma proximité avec les habitants du canton me permet de comprendre les problèmes qu’ils rencontrent au quotidien et cela me conduit toujours à agir avec détermination, notamment dans le domaine de la solidarité.

Depuis mon élection au Conseil général, je me suis engagé à faire progresser le canton de Bayeux, à le faire bénéficier de tout ce qu’il était en droit d’attendre, à maintenir le maximum de subventions afin d’assurer son développement et la qualité de vie que bien des habitants du département lui envient.

Dans les dossiers majeurs, depuis le 1er jour de mon mandat, j’ai défendu le canton et ses habitants. Un effort récompensé par de nombreux investissements sur l’ensemble des communes : 28 millions d’euros.

J’ai tenu tous mes engagements dans le domaine des compétences du Conseil général : l’action sociale, les routes, les collèges, les transports, la culture, le patrimoine, le logement, l’environnement… Ce n’est pas un hasard si je suis soutenu par l’ensemble des maires du canton.

L’emploi reste ma principale préoccupation. Dans un contexte économique fragile, en mutation permanente, anticiper et accompagner sont mes priorités pour favoriser l’évolution de notre territoire, de ses entreprises et de ses salariés.

Mes concurrents, à défaut de projets concrets, cherchent à placer cette élection cantonale sur le terrain de la politique nationale. C’est détourner le véritable enjeu de l’élection cantonale qui est une élection de proximité et d’actions à mener dans les communes du canton de Bayeux.

Le premier tour de l’élection cantonale le 20 mars prochain à Bayeux est un moment très important pour l’avenir du canton de Bayeux. Pour me permettre de mener à bien les projets que j’ai exposés durant ma campagne électorale, j’appelle chaque électeur à venir voter pour me témoigner leur confiance.

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Le débat sur l’islam me préoccupe.

Certes, un nombre important de l’électorat s’interroge sur la question de l’islam en France à la suite notamment de faits révèlés comme des prières dans la rue, l’exigence de certaines femmes à être soignées par des femmes dans les hôpitaux ou encore la demande de repas halal dans les cantines scolaires. Cela peut heurter à juste titre notre esprit républicain mais cela ne doit pas conduire à des débats dont on sait parfaitement qu’ils finiront par stigmatiser une grande partie de la population musulmane. La réponse aux inquiétudes est dans l’application stricte de la laïcité.

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Il était grand temps…

Le départ de Michèle ALLIOT-MARIE était inéluctable après un enchevêtrement aussi surprenant de maladresses et de réponses décallées. Il était grand temps de réagir. Aussi, la nomination d’Alain JUPPE au ministère des affaires étrangères est une bonne nouvelle pour la diplomatie française et les relations d’amitiés que la France s’est toujours efforcée d’entretenir avec les peuples du bassin méditerranéens où il souffle un vent nouveau de liberté.

Espérons et accompagnons ce vent pour qu’il débouche sur de vraies démocraties où le phanatisme religieux, le despotisme et la corruption n’y auront pas leur place.

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