Monsieur Cazeneuve tristement hors sujet et Monsieur Beauvais tristement complice (communiqué de presse)

Absent de la réunion que le ministre de l’intérieur organisait vendredi à Caen, j’en ai eu quelques retours et ils ne me satisfont guère, ni sur les propos au fond ni sur ceux tenus à mon endroit.

Recevant plus tôt dans la semaine pour un déjeuner de travail au conseil départemental le Préfet préfigurateur, je lui avais fait part de mon absence, due au seul caractère tardif de l’information sur la réunion et l’avais informé que naturellement, ma collectivité serait représentée par le premier vice-président et le directeur général des services. D’autre part, alors même que j’attends toujours sa réponse à ma question écrite, je suis profondément choqué que le ministre s’en prenne aussi violemment et personnellement à un parlementaire et exécutif local. Faut-il qu’une simple demande de clarté sur la mise en œuvre de la loi du 16 janvier 2014 et l’interprétation d’un de ses articles soit tellement gênante qu’elle le conduise à ces propos publics quasi-insultants ?

Quant au fond, je ne regrette nullement de ne pas avoir assisté à ce qui n’était même pas une réunion de travail mais plutôt une cérémonie d’autocélébration d’une réforme territoriale pourtant toujours incertaine, s’agissant des compétences.

Sur la question de l’organisation de la future région, chacun a pu découvrir que Bernard Cazeneuve, décidément très joueur, sait varier les plaisirs puisqu’après le jeu du « au plus fort la pouque » il nous propose une référence à Intervilles. Quelle faute !

Comment un ministre de la République peut-il s’abaisser à comparer à des jeux, même très populaires, la recherche d’un équilibre territorial qui va bien au-delà des deux villes de Caen et Rouen et dont de nombreux élus de toutes sensibilités veulent la garantie car ils savent que c’est la condition du développement de la région et donc de leur collectivité ?

Une telle attitude est triste et totalement hors sujet comme les propos tenus dans la foulée sur FR3 par Laurent Beauvais. Une fois de plus la gauche essaie d’enfumer le paysage normand pour y œuvrer à son aise.

  • La répartition des grands services de l’Etat en région « dans l’équilibre parfait entre Rouen et Caen» selon les propres termes du ministre de l’intérieur ? Outre que prétendre à la perfection est pour le moins immodeste, elle est en l’espèce déjà hors d’atteinte puisque le partage est limité d’office à ces deux villes.
  • L’hôtel de région et le lieu des sessions de son assemblée ? C’est constitutionnellement et légalement l’affaire du futur conseil régional et tous les candidats devront faire part de leurs intentions d’ici au scrutin de décembre. Pour sa part, Laurent Beauvais ne dit mot sur le lieu de réunion du conseil régional (un mystère tout provisoire…) mais s’agissant des services, entend que tout ne soit pas à Caen et réaffirme qu’il n’est « pas question de déménager les personnels d’un site vers l’autre». La démagogie est tellement facile. Il est juste permis de s’interroger sur l’organigramme des services : combien de doublons ? quelle gouvernance pour chaque direction : un directeur « caennais » et un autre « rouennais » ? Les fonctions support seront-elles aussi doublonnées ? On attend les réponses. Mais c’est une position insoutenable.

En d’autres termes, nous assistons à l’invention de la collectivité territoriale dispersée façon puzzle : pour l’efficacité de l’action et l’économie des deniers publics, on attendra. A ce rythme, le mystère du lieu de réunion de l’assemblée régionale sera vite résolu : on finira par avoir une partie des élus siégeant à Caen et l’autre à Rouen avec vidéoconférence, histoire d’affirmer la proximité ! Une nouvelle conception de la réunification sans doute….

S’il est normal que l’Etat et la collectivité préparent l’échéance de janvier 2016 pour assurer la continuité des missions dont ils ont respectivement la charge, il est très préoccupant que des décisions structurantes et peut-être pour certaines difficilement réversibles se concoctent en réalité dans un sérail partisan dont l’opacité bien peu démocratique est la marque de fabrique.

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