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Etat d’urgence prolongé… mais…oui

Ce jeudi, le Sénat examinait le projet de loi présenté par le Gouvernement visant à prolonger jusqu’au mois de juillet l’état d’urgence activé au soir des attentats de Paris le 13 novembre 2015 et resté en vigueur sans discontinuer depuis.

Comme beaucoup, cet état d’urgence plusieurs fois prolongé par le Parlement m’interroge et me trouble. Mais comme je l’ai déjà fait, j’ai voté favorablement.

J’entends les arguments qui plaident en ce sens, je lis avec l’attention qu’ils méritent les avis rendus par le Conseil d’Etat, dont le plus récent que l’on pourra lire ici (NDLR ici est un lien hypertexte vers le site du CE). La double réalité du calendrier électoral avec des échéances démocratiques majeures et de la persistance d’un risque terroriste extrêmement élevé est un argument de poids. Je lis aussi que le Conseil d’Etat alerte Gouvernement et Parlement sur la nécessité à un moment ou un autre de sortir de ce régime pour retrouver le droit commun de la lutte contre le terrorisme. J’y souscris.

Je comprends le redoutable enjeu d’une telle décision que les gouvernants devront bien prendre un jour : stopper l’état d’urgence avec l’éventualité d’une « réplique terroriste » rapide et meurtrière qui interpellerait l’opinion, même si l’état d’urgence n’est pas une protection absolue.

Je fais le choix de donner encore une fois crédit au Gouvernement pour qu’il dispose de tous les outils juridiques permettant à ses services d’agir vite face aux risques qui pèsent sur chacun de nous et c’est bien là l’objet de cette loi. Et je fais ce choix parce que s’il fallait encore une fois le dire, l’état d’urgence, auquel il peut être mis fin à tout moment, s’inscrit dans notre état de droit et son application s’exerce de ce fait sous le contrôle des juges et du Parlement.

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