Universités : le contrôle continu en question ou le grand écart de M. Mandon

« Monsieur Dupont, on est en train de discuter d’une modalité d’expérimentation à droit constant avec la conférence des présidents d’université sur l’évaluation. »

Ce sont les mots exacts de Thierry Mandon, secrétaire d’Etat en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, prononcés le mercredi 29 juin devant la Commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat et qui figurent au compte-rendu officiel et public de cette audition. Il répondait alors à une question que je lui posais sur l’intérêt du maintien de la seconde session d’examens, marquée dans toutes les universités par un absentéisme croissant.

Quel crédit faut-il accorder aux réponses d’un membre du Gouvernement devant une commission parlementaire, sachant que deux jours plus tard, le projet d’arrêté qui aurait pu permettre cette expérimentation, dans les cinq universités dont les conseils s’étaient portés volontaires (Bordeaux, Brest, Avignon, Lyon 3, Strasbourg) était retiré en douce de l’ordre du jour du prochain CNESER (conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche), rendant donc impossible l’expérimentation ?

Depuis il a été précisé que le « chantier Master » ne permettait pas cette expérimentation. Une justification qui ne tient pas. En réalité et une fois de plus, le Gouvernement socialiste a cédé sous la pression de son syndicat affilié, l’UNEF. Chacun appréciera la démarche autant que le peu de cas décidément accordé à l’autonomie des établissements, quand elle s’exprime à travers un vote et la volonté démocratique des élus de leurs conseils.

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