Réforme territoriale : le dépôt du bilan

Jeudi, avant d’annoncer son renoncement à une nouvelle candidature en 2017, le Président de la République a dressé le bilan de son action. Il s’est notamment vanté de sa réforme territoriale, arguant de l’avoir menée à bien à la différence des majorités précédentes.

Je n’ai pas loin s’en faut la même lecture. Je pense ne pas être le seul.

Tentons de synthétiser. Le quinquennat fut un gigantesque atelier découpage : tous les cantons, puis quelques régions, enfin la plupart des intercommunalités. Effet d’affichage garanti mais l’efficacité, reste à démontrer. Il y eut aussi une tentative d’effacement des départements, vite abandonnée car le Gouvernement s’avisa soudain qu’il fallait une révision constitutionnelle bien périlleuse. Il y eut enfin quelques déménagements de compétences, loi NOTRe oblige. Ils ne sont pas achevés puisque des ajustements législatifs s’imposent pour en rendre certains possibles.

Quant aux moyens financiers alloués par l’Etat à nos collectivités, ce fut le quinquennat de la disette. Et pour les départements en charge de la solidarité et de ce fait particulièrement sollicités en raison du taux de chômage, ce sont des années de tension financière. Le Gouvernement se défausse sur nous des charges que son échec économique rend plus lourdes et ne compensant pas, au mépris de ses obligations légales, les charges nouvelles qu’il nous impose.

On pourrait développer à l’envi chacun de ses sujets, en trouver d’autres aussi qui montrent qu’on est souvent loin de la décentralisation. Mais cette rapide énonciation suffit à témoigner que ce quinquennat porte aussi pour nos territoires et nos collectivités la marque de l’échec.

Share