Le 7 mai….

Le 7 mai, je voterai pour Emmanuel Macron. En conscience. C’était pour moi une évidence dès les résultats connus et je l’avais alors dit publiquement. Mais j’entends depuis des hésitations, des « finasseries » qui montent et elles m’inquiètent. Clairement.

Je fais sans difficulté la part du vote du 7 mai et de ceux qui viendront les 11 et 18 juin pour élire cette fois les députés et faire advenir une majorité parlementaire, soutien futur du Gouvernement.

Les circonstances imposent cette dissociation. Dès lors un tel vote dimanche prochain ne vaut pas adhésion à un projet. Et il ne faut pas oublier qu’en 2002, après le vote à plus de 82% des suffrages exprimés en faveur de Jacques Chirac, chacun, candidat, électeur, s’est ensuite mobilisé pour son propre camp lors des législatives de juin. Sans contradiction et sans empêchement. Et si dans le paysage politique incertain qui se dessine sous nos yeux, il devait y avoir la victoire d’une majorité non labellisée « En marche », la Constitution de la cinquième république a montré sa capacité à faire vivre de tels moments, n’en déplaise à certains.

C’est aujourd’hui cette même logique d’ensemble qui doit prévaloir et il n’y a aucune difficulté à s’y projeter.

Parce que l’objectif unique est extrêmement clair : faire barrage de toutes nos forces unies au Front national qui apporterait à notre pays et à nos concitoyens tout ce dont nous n’avons surtout pas besoin. S’il ne fallait citer qu’un risque, c’est celui d’un Frexit, d’une sortie de l’euro avec l’assurance d’un naufrage économique dans un isolement extraordinairement dangereux. On a vu cette fin de semaine les propos confus, flous, de la candidate du Front National pour tenter de dissimuler cet aspect mortifère de son projet. Pathétique autant qu’effrayant.

Le lendemain du second tour, nous nous souviendrons du 8 mai 1945 qui marquait la fin de la seconde guerre mondiale. Ce conflit, dans toutes ses dimensions, reste gravé dans nos mémoires, dans nos consciences. Au cours des années suivantes, celles de la reconstruction, une idée était née, portée par quelques hommes de bonne volonté, celle d’une Europe de paix. L’idée a grandi jusqu’à la construction que nous connaissons aujourd’hui. Elle n’est pas parfaite loin de là mais elle est un bouc émissaire bien facile pour certains qui instrumentalisent ses difficultés et en font un fonds de commerce tristement prospère. Comme tout système vivant, l’Union européenne reste perfectible mais à l’heure où tant de bruits de canons résonnent à ses portes, à nos portes, elle est surtout une force qui compte pour chacun des Etats qui la constituent.

En responsabilité, je ne veux pas y renoncer, je ne peux tout simplement pas y renoncer.

C’est cela qui se joue aussi le 7 mai prochain. Ne l’oublions pas.

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