Attention : un train peut ne pas en cacher un autre !

Communiqué de presse

C’est en l’espèce ce que je retiens du rapport remis ce lundi par Philippe Duron au secrétaire d’Etat en charge des transports et consacré aux trains d’équilibre du territoire (TET) dits aussi Intercités.

Elu du Calvados et président de son assemblée départementale, je pourrais simplement me satisfaire de la volonté affichée dans le rapport de renforcer la liaison Paris-Caen en raison de son potentiel. Mais ce serait un point de vue limité en contradiction totale avec mes convictions.

Actant la crise grave que traversent les trains Intercités, la réelle détérioration de l’offre, l’extrême vétusté du matériel, la situation financière calamiteuse et pointant la responsabilité de l’Etat au fil du temps, le rapport préconise des mesures de suppression, de recours aux TER (dont les régions ont la charge) ou à des modalités alternatives (autocars, voire DSP) qui fragilisent la plupart des territoires qui relient les grandes villes à Paris. La desserte ferroviaire des villes moyennes qui maillent notre pays et singulièrement la Normandie est une condition de leur développement économique. Et au-delà d’elles, c’est aussi la France rurale qui serait sacrifiée et dont le sentiment d’exclusion ne pourrait qu’en être renforcé : la fracture territoriale par le ferroviaire.

Renvoyer vers les régions, dont la future loi NOTRe devrait faire des grandes collectivités organisatrices des mobilités, la responsabilité de pallier les renoncements de l’Etat (y compris à l’écotaxe), doit s’accompagner des moyens financiers de relever vite un tel défi. Ils ne sont pas là. Il ne faudrait pas que les régions alourdies demain de compétences majeures dans le domaine économique se retrouvent dans la situation que connaissent trop bien les départements en matière sociale et ne puissent pas faire face au niveau élevé d’investissements nécessaires imposés par un Etat impuissant.

Partant d’un constat partagé, les propositions du rapport Duron n’offrent pas suffisamment, dans le contexte d’urgence qui est le nôtre, d’alternative soutenable.

Lire le Rapport

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