Le Département au soutien des agriculteurs

C’était hier lundi la rentrée pour le Conseil départemental du Calvados et nous avons choisi d’afficher notre solidarité avec nos agriculteurs en présentant notre nouvelle politique agricole. Je rencontrerai également cette semaine le ministre (normand) de l’agriculture Stéphane Travert.

Une révision complète de nos dispositifs a été conduite puisque la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République) de 2015 a modifié la répartition des compétences entre les niveaux de collectivités. Nous tenions à poursuivre notre action solidaire dans un moment où ici comme dans les autres départements, le monde agricole est dans une grande fragilité. L’objectif : promouvoir une agriculture locale et de qualité en accompagnant les agriculteurs sur le plan social et sanitaire. 2 millions d’euros sont d’ores et déjà consacrés à cette nouvelle politique en 2017.

Des négociations ont ainsi été menées dans le cadre du G6 (qui réunit les cinq départements normands et la région) et plusieurs grandes orientations ont été arrêtées (elles sont détaillées ici ) : accompagner les investissements inférieurs à 10 000 euros dans les exploitations, veiller à une bonne santé animale, notamment par une prise en charge d’une partie des frais d’analyses de prophylaxies et de lutte contre les nuisibles, accompagner les agriculteurs en difficultés, soutenir le remplacement des éleveurs, inciter la valorisation locale des produits agricoles, développer l’approvisionnement local de la la restauration collective, promouvoir l’identité agricole du Calvados et ses produits, poursuivre sa politique en matière d’aménagement foncier.

 
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Libertés et responsabilités des universités : dix ans déjà

10 Août 2007 : la loi relative aux libertés et responsabilités des universités était promulguée. Elle consacrait et mettait en œuvre le principe d’autonomie de nos universités. Dans le cadre fixé et contrôlé par l’Etat, après un processus approfondi d’examen de leurs capacités, les établissements concernés allaient en quelques années accéder aux « responsabilités et compétences élargies » et prendre la main sur la gestion de leur masse salariale, de leur politique d’emploi, voire sur leur patrimoine immobilier.

J’étais au Sénat le rapporteur de cette loi et j’ai toujours suivi avec attention sa mise en œuvre. Elle ne fut pas un chemin tranquille et provoqua des tensions, pour ne pas dire des blocages, dans nombre d’établissements. Mais je ne crois pas que les équipes de direction aient envie d’un retour en arrière et je sais gré aux gouvernements successifs de ne pas avoir remis en cause cette avancée.

Cependant, je dois à l’honnêteté intellectuelle de dire que dans un parallèle avec la libre administration de nos collectivités territoriales, les universités autonomes souffrent d’un déficit de moyens et d’une diminution des dotations de l’Etat, dans le contexte plus que dégradé de nos finances publiques.

Aujourd’hui, les universités vivent la pression démographique des années 2000 et dès lors « l’effet ciseau » que sur un autre plan les élus locaux connaissent bien, joue à plein. Difficile d’exprimer une politique ambitieuse pour l’avenir quand il faut tant que bien que mal assurer le quotidien.

Dans un tel contexte, nos gouvernants ne pourront pas plus longtemps reculer le moment de décisions difficiles autant que vitales pour nos universités. Je veux naturellement parler ici de  l’entrée en licence pour ne plus vivre la situation dans laquelle se prépare la rentrée prochaine : des dizaines de milliers de néobacheliers victimes du portail APB (admission post bac) et encore sans affectation. Sans compter tous ceux qui n’ont pas obtenu de place dans la filière demandée malgré parfois un bac obtenu avec mention. Tout cela pour conduire un trop grand nombre d’eux vers une sélection par l’échec au fil de la première et de la seconde année. Oui l’autonomie désormais acquise doit aller de pair avec un accès de qualité aux formations dispensées. Une orientation constructive et directive doit être pensée et imposée dans les plus brefs délais. Tout comme la sélection désormais organisée à l’entrée en master se met en place avec beaucoup de volontarisme des équipes pédagogiques, parfaitement conscientes du besoin, mais avec des aléas. Je pense ici particulièrement à la mise en place compliquée du « recours académique » inscrit par voie d’amendement dans la proposition de loi que je portais et sur lequel j’avais de sérieuses réserves.

C’est sans doute le défi des années à venir, comme l’autonomie fut celui de la dernière décennie. Il en va de l’avenir de nos jeunes bacheliers qui ne peut se construire dans l’échec annoncé des plus fragiles. Il en va aussi de l’objectif d’excellence de nos universités.

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